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La bataille de Rosebecque (1382)

La grande querelle des Gantois et du comte de Flandre avait recommencé en 1379 pour une question d’impôts, et bientôt presque toute la Flandre de langue flamande avait pris parti pour les Gantois. Ceux-ci élurent pour dictateur Philippe Artevelde, le fils du grand Jacques Artevelde qui avait été maître de la Flandre pendant le règne de Philippe de Valois.

Dès la première rencontre, le comte Louis de Flandre fut battu et ne dut son salut qu’à la fuite. Le duc de Bourgogne, son gendre, convoqua à Compiègne tous les seigneurs du royaume de France et fit décider que le roi devait secours à son vassal le comte de Flandre (1382).

L’armée féodale convoquée à Arras, tandis qu’Artevelde assiégeait Oudenarde, se mit en marche à l’entrée de l’hiver. Elle comptait dix mille lances, avec des masses de cavalerie légère et d’infanterie. Le jeune roi Charles VI était là en personne, avec la noblesse de France réunie à la noblesse des Pays-Bas, sous la conduite du connétable Olivier de Clisson, le meilleur des capitaines bretons après du Guesclin.

Au lieu d’attendre l’ennemi devant son camp d’Oudenarde, Artevelde, effrayé des premiers succès d’Olivier de Clisson et craignant que les gens du roi ne parvinssent à lui enlever Bruges, vint avec une grande partie de ses forces couper le chemin de Bruges au roi.

Le choc eut lieu au village de Rosebecque. Artevelde commit la faute de mettre tous ses gens en un seul corps, sans ailes ni réserve. Le connétable de Clisson, au contraire, déploya un corps de bataille égal à celui des Flamands, puis deux ailes à gauche et à droite. Les Flamands chargèrent comme des sangliers et enfoncèrent le centre de l’armée royale, mais les deux ailes, se repliant, les serrèrent si fort qu’ils ne pouvaient plus même faire usage de leurs piques. Le centre revint à la charge et ces trois corps enveloppant les Flamands les étouffèrent.

Les Flamands perdirent sur place vingt-cinq mille hommes. Le lendemain, on retrouva le corps de Philippe Artevelde sous un monceau de cadavres. Pas un Gantois n’avait fui (27 novembre 1382).


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